FIFA : perte de confiance, appel à la démission, Infantino peut-il tenir ?
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La FIFA traverse une crise de leadership significative, marquée par une perte de confiance et des appels croissants à la démission de son président, Gianni Infantino, suite à la controverse entourant son projet de FIFA Forward Enterprise (FFE). Cette initiative visait à ouvrir la FIFA à des investisseurs privés pour gérer ses activités commerciales et événementielles, soulevant des inquiétudes sur la marchandisation du football et alimentant des soupçons de conflits d'intérêts. Face à l'opposition croissante de plusieurs fédérations, Infantino a reconnu les divisions causées par ce projet et a finalement décidé d'y renoncer.
Ce revirement brutal a été provoqué par plusieurs revers, dont la menace de boycott de l’UEFA, le rejet du projet par la CONCACAF, et le soutien affiché de la Confédération asiatique de football (AFC) à la position européenne. En outre, la démission de son principal conseiller, Carlos Cordeiro, a compliqué davantage sa position.
Bien que l’abandon du projet ne marque pas la fin de la crise, plusieurs confédérations remettent désormais en question la gouvernance d’Infantino dans son ensemble et non seulement le FFE. L’UEFA a salué le retrait de ce projet comme une victoire pour le football, mais a insisté sur le fait que la reconstruction de la confiance envers la FIFA ne faisait que commencer. Elle exige désormais que le président de ce projet rende des comptes concernant des décisions prises dans l’ombre. La fédération néerlandaise a également exprimé une "rupture de confiance fondamentale" envers Infantino.
De plus, la CONCACAF a qualifié le FFE de symptôme d'une gouvernance ayant cessé de placer le football en priorité, dénonçant un manque de transparence et de procédure régulière.
Infantino, en fonction depuis 2016, est à ce stade le seul candidat déclaré à sa succession lors du congrès de 2027. Avant cette controverse, il bénéficiait du soutien de plus de 200 des 211 fédérations membres, une unité qui semble désormais fragilisée. Critiqué depuis plusieurs mois pour sa proximité avec Donald Trump, Infantino voit maintenant une partie du monde du football remettre publiquement en question son autorité. Selon des rapports, l’UEFA continue de faire pression pour son départ et menace de lancer une motion de défiance s’il refuse de démissionner. Pour qu’une telle procédure soit engagée, elle doit être soutenue par un cinquième des associations membres de la FIFA, soit 43 fédérations. À elle seule, l’UEFA en compte 55. Si cette étape était franchie, un vote réunissant les 211 associations membres serait organisé, nécessitant une majorité simple des suffrages exprimés pour mettre fin au mandat d’Infantino. Les trois confédérations qui ont publiquement fait front contre le projet (l'UEFA, la CONCACAF et l'AFC) représentent à elles seules 143 des 211 associations membres de la FIFA.
Bien que cette majorité théorique ne préjuge pas de l’issue d’un éventuel vote, elle illustre l’isolement politique du président de la FIFA. Reste à savoir si l'abandon du FIFA Forward Enterprise permettra à Gianni Infantino de reprendre le contrôle ou si cette séquence marque le début d'une contestation plus profonde de son autorité.
Source : rfi.fr.