Le Maroc peut-il devenir une puissance footballistique?
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À l'approche de la Coupe du Monde 2026, des discussions ont eu lieu sur la possibilité pour le Maroc de s'établir en tant que force significative dans le football mondial. Neil Ward, ancien directeur des opérations techniques de la Fédération Royale Marocaine de Football (RMFF), a observé de près la passion et les ambitions stratégiques du pays. En 2022, le Maroc a fait histoire en étant la première nation africaine à atteindre les demi-finales de la Coupe du Monde, perdant contre la France. Ward a remarqué l'excitation palpable à Rabat pendant le parcours historique du Maroc, avec des célébrations qui se sont poursuivies toute la nuit, y compris des célébrations royales.
Alors que le Maroc fait face à la France à nouveau jeudi (21h00 BST) pour une place dans le dernier carré, il est clair que les co-organisateurs de la Coupe du Monde 2030 ne se reposent pas sur leurs lauriers. Simon Jennings, qui a travaillé au développement des jeunes au Maroc entre 2020 et 2024, a attribué les ambitions croissantes du pays à un engagement national envers le progrès et à des investissements considérables dans les infrastructures footballistiques, soutenus par le roi Mohammed VI. Cela comprend une installation d'entraînement moderne, une académie nationale, des centres régionaux, des rénovations de stades et des terrains de sport amateurs.
Bien qu'il y ait eu des critiques de la part de jeunes manifestants demandant des investissements dans la santé et l'éducation, le palais royal s'est engagé à allouer l'équivalent de 11,2 milliards de livres sterling au budget de 2026 pour ces secteurs, soit une augmentation de 16 % par rapport à l'année précédente. Ward a souligné que les efforts du Maroc en football visent à exploiter la passion de ses citoyens pour le sport et à améliorer la position globale du pays.
Il est notable que l'état d'esprit du Maroc a considérablement changé avant la Coupe du Monde 2022, passant d'une simple participation à des objectifs d'accomplissements substantiels. Historiquement, le Maroc n'avait atteint les phases à élimination directe qu'une seule fois, en 1998. L'ancien entraîneur Walid Regragui a motivé l'équipe en mettant l'accent sur le fait qu'ils étaient au Qatar pour briller.
La diaspora marocaine joue un rôle clé dans ce récit, plus de cinq millions de Marocains vivant à l'étranger. La RMFF a été proactive dans la recherche de talents, en établissant des connexions avec de jeunes joueurs d'origine marocaine dans des pays comme la France, les Pays-Bas et l'Espagne. Jennings a noté que ces joueurs ressentent une forte connexion avec leur héritage marocain.
Actuellement, 19 des 26 joueurs de la sélection marocaine à la Coupe du Monde sont nés à l'étranger, avec plusieurs d'entre eux éligibles pour représenter la France. Néanmoins, ils embrassent leur identité marocaine avec ferveur. Le défi à venir consiste à intégrer ces talents avec des joueurs locaux, nécessitant des améliorations dans les structures des clubs et des académies pour développer les talents locaux.
Chris van Puyvelde, directeur technique de la RMFF de 2022 à 2025, a indiqué que les objectifs pour les prochaines Coupes du Monde incluent un équilibre de la représentation entre les joueurs nés dans le pays et ceux élevés à l'étranger. Des défis demeurent, car il y a une pression pour des résultats à court terme, ce qui pourrait compromettre le développement technique à long terme.
Les leçons tirées de revers antérieurs, tels que les échecs de l'équipe des moins de 20 ans, ont conduit à un soutien renouvelé pour les entraîneurs, culminant dans la victoire en Coupe du Monde des moins de 20 ans en 2025. Ce succès a contribué à l'élévation d'Ouahbi au poste de manager de l'équipe senior après un mélange de performances. Son objectif est de tirer parti du talent jeune disponible alors que le Maroc se prépare à co-organiser la prochaine Coupe du Monde avec le Portugal et l'Espagne.
Selon Van Puyvelde, le Maroc est activement en train de construire à la fois ses stades et ses structures fondamentales pour le sport. Le capital acquis grâce à la participation au Qatar pourrait signifier une propagation rapide du potentiel dans tout le pays.
Source : bbc.co.uk.