Football : les Girondins au bord du précipice après relégation confirmée
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Les Girondins de Bordeaux ont connu un avenir sombre après avoir été définitivement exclus des championnats nationaux vendredi par le tribunal administratif de Paris en raison de leurs dérives financières. Sauf retournement significatif jamais vu de la part de la Fédération Française de Football (FFF), leur avenir s’assombrit fortement, avec la menace d’une liquidation judiciaire qui pèse sur eux.
Après cette décision, Me Stéphane Bonichot, l’un des avocats de Sparta Capital, le fonds britannique promettant de renflouer le club en cas de maintien en National 1 (4e division), a exprimé sa déception, en déclarant : "Nous subissons malheureusement un rejet. La FFF a joué contre les Girondins !" En réponse, Sparta Capital et les investisseurs associés ont indiqué dans un communiqué qu’ils allaient « solliciter le Comité exécutif de la FFF afin qu’il procède à un réexamen sans délai du dossier. » Ce réexamen, sans précédent après une longue bataille juridique comme celle mené par les Girondins, peut être demandé par l’un de ses membres conformément à ses statuts, à la lumière des éléments financiers communiqués par les repreneurs.
Des rapports récents du Sud-Ouest ont souligné que des pressions politiques, médiatiques et économiques avaient été exercées dans les coulisses ces derniers jours sur la FFF pour sauver le club bordelais. Depuis l’arrivée de l’homme d’affaires hispano-luxembourgeois Gérard Lopez en 2021, le club, sextuple champion de France, a connu des rétrogradations et des passages tumultueux devant la Direction nationale du contrôle de gestion (DNCG), devenant peu à peu le vilain petit canard du football français.
Ce vendredi, le tribunal administratif a écarté les arguments de "viabilité financière nouvelle" présentés lors de l’audience de jeudi par les avocats de Sparta Capital. Le fonds britannique, qui avait racheté le club pour un euro symbolique à Gérard Lopez fin juillet, avait consigné 10,6 millions d’euros à la Caisse des dépôts, couvrant le montant manquant aux comptes du club ayant provoqué sa relégation par la DNCG. Il avait promis 10 millions d’euros de plus pour renflouer le club ainsi que 20 millions supplémentaires pour « éponger les dettes. » Cependant, tout cela, conclu le tribunal administratif, avait été réalisé hors délai, confirmant ainsi la position du Comité national olympique et sportif français (CNOSF) également saisi par le club cet été.
Dans son rendu, le juge des référés a noté que « selon les textes applicables, la DNCG ne peut prendre en compte les documents ou les engagements dont les clubs se prévalent que s’ils sont dûment concrétisés à la date de l’audition devant la commission d’appel. » Il a également noté que « l’équité sportive impose que tous les clubs sportifs soient soumis aux mêmes contraintes financières et calendaires, de sorte que le conciliateur comme le comité exécutif de la FFF pouvaient refuser, par principe, de prendre en compte tout élément relatif à une situation non existante à la date de la commission d’appel. »
Maintenant relégués sportivement au mieux en R1 (6e division), où la Ligue de Nouvelle-Aquitaine les a inscrits, les Girondins ne savent pas de quoi sera fait leur avenir immédiat. Mercredi, Me Bonichot a indiqué que « le maintien du club dans cette division entraînerait la fin du projet de reprise et donc sa liquidation. » Dans ce scénario noir, le club deviendrait alors une structure associative, dirigée aujourd’hui par Jean-Louis Triaud, le président des Girondins de 1996 à 2017. « On peut fonctionner avec l’association durant une saison. Il n’y a pas besoin d’agir dans l’urgence, » a assuré M. Triaud mardi dans les colonnes de Sud-Ouest. Club centenaire, sacré six fois champion de France, les Girondins de Bordeaux ont connu une descente aux enfers ces dernières années, sur fond de difficultés sportives et financières. Relégués sportivement en Ligue 2 en 2022, le club au scapulaire a ensuite été placé en redressement judiciaire en 2024, abandonnant au passage son statut professionnel et son très réputé centre de formation.
Source : rfi.fr.